Le féminisme, d’hier à aujourd’hui

Une manifestation féministe, avec au premier plan un jeune homme tenant une pancarte « We are Feminists »

Selon CNTRL (un site qui propose des données lingustiques en français ), le féminisme est un « mouvement social qui a pour objet l’émancipation de la femme, l’extension de ses droits en vue d’égaliser son statut avec celui de l’homme, en particulier dans le domaine juridique, politique, économique ». En bref, c’est vouloir que la femme et l’homme soient égaux; à portée universel, s’il vous plaît.

Quelle a été la place de la femme dans la société au cours de l’histoire ?

Il est vrai qu’à l’école, on ne nous parle pas beaucoup de figures féminines. Misogynie de la part du système ou des profs? Pas vraiment.

En effet, on a tous en tête l’image de l’homme préhistorique trapu, fort, qui part à la chasse et ramène le mammouth à sa petite famille (ou tribu). Seulement… ce n’est pas vrai! Et oui! Au Paléolithique (période de la préhistoire s’étendant de -3 000 000 à -10 000 d’années environ), les femmes avaient un rôle essentiel au sein de leur tribu. Bien qu’elles s’occupaient des enfants, elles confectionnaient également des outils, des armes, des « parures » et aider à construire leur habitat, à cueillir et collecter de quoi manger, à dépeçer, cuisiner le gibier et s’occuper des peaux pour les transformer en vêtements et elles allaient même chasser avec les hommes! Des scientifiques ont étudié les muscles, qui sont identiques chez la femme et l’homme de Néandertal. Elle participait aussi à « l’art pariétal », ce sont les peintures retrouvées dans les grottes, comme celles de Lascaux. Ainsi, jusque là, la femme et l’homme sont égaux, malgré que la femme, lors de sa grossesse et de l’allaitement de son bébé, évitaient de chasser…

Attention: gros cliché en vue !

C’est pendant l’Antiquité que les choses se corse…


Déjà, la société est complétement inégalitaire: entre les esclaves, les métèques, les citoyens et les non-citoyens (enfants et femmes). La fille, dès sa naissance, se retrouve sous l’autorité de son père puis lorsqu’elle est plus grande, sous l’autorité de son mari: l’homme dominait toujours la femme. Et, le mari était bien évidemment choisi par le père; le rôle de la femme étant d’assurer la lignée et d’entretenir le logis. Elle ne pouvait jamais être seule dans la rue (à moins d’être une prostituée) sans risquer d’attirer les regards. Elle ne pouvait pas non plus aller au théâtre et encore moins participé à une pièce, les rôles féminins étaient joués par des hommes, qui se déguisait en femme (grâce aux masques notamment.) Cependant, les femmes; en particulier les jeunes filles qui brodaient le voile, occupaient un rôle important dans la fête des Panathénées, en l’honneur d’Athena, la déesse d’Athènes; et pouvaient être prêtresse, un rôle extrêmement important ! Malgré tout, les lois étaient très sévères envers les femmes. En Mésopotamie, une femme qui commet un adultère était noyée avec son amant; la mère incestueuse (avec son fils, donc) était brûlée vive mais le père incestueux, lui, était juste banni de la ville. En Grèce, le mari peut tuer sa femme et son amant mais lorsque le contraire arrive, elle ne peut « que » divorcer. De même, un homme peut fréquenter esclaves et femmes non-mariées à un Athènien, mais le contraire est interdit. Et pour l’héritage aussi, la femme ne peut pas y accèder et devra même épouser un homme de sa famille à la mort de son père si elle est fille unique, afin que l’héritage reste dans la famille !

Pourtant, de nombreuses femmes, en Egypte, ont pu gouverner; comme Hatchepsout reconnue prestigieuse gouverneuse, Nitocris ou encore la célèbre Cléopâtre…

Statue de Hatchepsout

Au Moyen-âge, la vie d’une femme est séparé en 4 partie: l’enfance (0-7 ans), la jeunesse (7-14 ans), la vie de femme (14-28 ans) et la vieillesse, de 28 ans… jusqu’à la mort. Vieillesse qui, pour les hommes, étaient situés aux alentours de 40-50 ans. La majorité de la femme était à 12 ans et celle des garçons, 14. Le clergé considérait la fille, dès 7 ans, d’être imparfait ou d’animal sans raison et la pureté/innocence devait être préserver, par un « dressage » sévère si nécessaire.

Chez les familles pauvres, il n’était pas rare que les enfants soient abandonnés, surtout les filles. A 7 ans, la fille a plusieurs choix qui s’ouvre à elle; dépendant de sa richesse. A la campagne, elle aide sa mère à s’occuper de la maison, des champs et des animaux; elle se devait d’être modeste, travailleuse, soumise…
Dans une famille plus riches, elle apprenait à filer la quenouille (dans le conte de La belle au bois dormant, c’est dessus que se pique Aurore), broder et tisser pour être ensuite offerte au monastère ou fiancée.
Chez les nobles, elle était confiée à des religieuses, qui lui apprenaient la lecture, l’écriture, les travaux d’aiguilles, le latin, la sciences et même la médecine (un petit peu); elles étaient même plusinstruites que les hommes qui eux, étaient éduqués dans le but de guerroyer. Le but était de les préparer à leur rôle de mère et épouse.

Les femmes pouvaient travailler (lingière, boulangère…) mais elles étaient payées moins que les hommes.

L’Eglise s’opposait aux femmes instruites et privilégiait l’éducation religieuse. Lorsque la fille devenait pubère (puberté), elle faisait peur et était surveillée par ses parents; l’Eglise l’associait au diable, à la tentation… mais en même temps, elle fascinait et inspirait les chevaliers et troubadours pour l’amour courtois (romans, poèsies…). Pour plaire et correspondre aux « idéaux masculins », elle n’hésitait pas à s’épiler pour agrandir la taille de son front etc.

Les femmes hérétiques (dont l’opinion religieuse était différente des moeurs de l’époque) elles étaient prises pour des sorcières et brûlées vives (comme Jeanne d’Arc, la femme qui s’est habillée en homme pour vaincre les anglais). L’Inquisition a duré de 1275 (première « sorcière » brûlée) jusqu’au XVIIIème siècle (avec les Lumières, qui prônaient la tolérance.) Tout cela à cause de l’histoire d’Eve dans le jardin d’Eden.

En dehors de ça, le mariage était arrangé, pour élargir les terres et former des alliances, les parents devaient donner une dot. La mariée devait être pieuse, pudique et soumise à l’autorité de son mari; si celui-ci lui était infidèle, elle ne pouvait le dénoncer. Pire encore, il était conseillé aux hommes de battre leur femme, surtout lorsqu’elle n’obéissait pas assez. Certains hommes en profiter pour les enfermer ou les tuer en appelant « à l’adultère! » et se remarier ensuite: nouveaux territoires, alliances…

La sexualité était réserver à la procréation et les rapports étaient interdits lors des règles (considérées impures), la grossesse, les fêtes religieuses, avant le mariage, le dimanche (jour saint), mercredi et vendredi. La femme stérile était également mal vue car l’accouchement était dangereux, tant pour la femme que le nourrisson (la femme stérile n’avait donc pas le même risque que les autres femmes…). La naissance d’un garçon était préférable et la mère ne pouvait se rendre à l’église avant 40 jours après son accouchement (encore et toujours une histoire « d’impure ».) A partir de 600, les mères trop démunies pour s’ocuper de leurs enfants pouvaient les abandonnées sur le parvis de l’église, le prêtre se chargeait ensuite de leurs adoptions auprès de fidèles; l’Eglise voulait ainsi évitait l’utilisation de méthodes contraceptives (plantes) ou d’avortement.

Le viol était autorisé sauf avec les femmes de la haute-société et certains seigneurs s’offraient le droit de cuissage (il passait la nuit de noce avec l’épouse, contre son accord et celui de l’époux, évidement, lors d’un mariage sur son territoire.) S’il y avait une grossesse, la femme était forcément désignée coupable; ce qui en obligea certaine à se prostituer (en plus des plus miséreuses) car la société les éjectait.

Entrer au couvent était suite à une véritable vocation ou pour éviter le mariage est s’assurer une belle vie.

Les veuves, si elles ne se remariaent pas rapidement, étaient soupçonnées d’avarice ou de luxure. Elle devait porter des vêtements noires, simples et se rendre régulièrement à l’église tout en concervant sa dignité. Les femmes âgées étaient quant à elle, dénigrées, associées à la laideur, aux sorcières maléfiques (comme dans les contes). Elles mourraient aux alentour de 30-40 ans contre 40-50 ans pour les hommes mais les femmes riches ou les religieuses pouvaient parfois atteindre 70 voire 80 ans !

Femme au marché

Lors de la Renaissance, les aristocrates intellectuelles vivaient une belle époque, certaines ont pu gouverner (seules ou avec le roi) et les courtisanes ont pu montrer ce dont elles étaient capables en philosophie et en art. Cependant, les femmes plus pauvres perdaient leur travail au fur et à mesure, à cause de la redécouverte des textes antiques par les humanistes. La Querelle des femmes débute au XVème siècle, les humanistes se posent des questions sur le statut de la femme (sa place, ses droits).

Tableau: Marie-Madeleine lisant par Ambroisius Benson, vers 1525

Pedant l’époque victorienne (XIXème siècle, en Angleterre); les femmes n’avaient aucun droit. Elle devait restée pure: le maquillage était interdit et leurs habits devaient dissimulés leurs corps. Son rôle allait de maîtresse de maison à mineuse, en passant par laitière. La femme était toujours soumise à l’homme, qui se moquait d’elle si elle voulait s’instruire. C’est ainsi que commencèrent les premiers mouvements féministes.

A gauche femme aristocrate; à droite femme du peuple

Un peu avant la première guerre mondiale; les filles étaient éduquer dans le but d’être une ménagère, elles étaient complétement dépendantes à leur mari, qui rendait sa famille pauvre s’il ne ramenait pas d’argent à la maison et traînait trop près du bar.

L’Eglise faisait culpabiliser les femmes qui n’assumaient pas leur rôle d’épouse et de mère. Elle n’avait que peu de loisir (tricot, jardinage) et devait faire passer le mari puis les enfants en priorité (pour la taille du morceau de viande, par exemple). Les femmes qui allaient au café ou fumaient se faisaient surnommées « femme de mauvaise vie ».

Pendant la guerre de 14-18, les femmes ont dû travailler à la place de leur époux, partis à la guerre. Les munitionnettes par exemple, travaillaient dans les usines d’armes:

Munitionnettes en plein travail

Cependant, après la guerre elles ont retrouvé leur rôle de ménagère. En 1919, les femmes allemandes et américaines (USA) ont pu voter. Il faudra attendre 1945 pour que les françaises rejoignent la partie. Et Vichy, en France, renforcera le « modèle » idéal: père qui travaille, mère au foyer. En 1946, des hommes remarqueront que les femmes sont moins bonnes en maths et se demanderont si « peut être » elles auraient moins de « bon sens ». Les « bons » maris laissaient leur femme gérer l’argent mais la conduite, jugée dangereuse et compliquée, leur étaient toujours interdite.

Dans les années 50, les appareils électroménagers faciliteront la vie de la femme, mais les pubs restent très sexistes.

Pub Moulinex (années 50)

Dans les années 60-70, les femmes se lancent dans un combat aux USA, puis en Europe: des manifestations ont lieu, pour le droit des femmes.
Suite à cela, en 1975 par exemple, les femmes ont le droit d’avorter (IVG).

Manifestations féministes

Et dans les années 80, les femmes avaient le droit à la contraception et portaient même des mini-jupes ! (Qui l’aurait cru, pendant l’époque victorienne ?). Elles peuvent également travailler (dans l’armée par exemple…)

Y a-t-il encore des injustices ?

Voici un petit récapitulatif de chiffres, certains sont « connus », d’autres moins.

Déjà, le salaire est inégal: en 2014, les femmes avaient un revenu inférieur à 24% au revenu des hommes (contre 27% de différence en 1997), mais cette différence est surtout remarqué chez les cadres ou les métiers à hauts revenus. En plus, 44,8% des emplois les plus pratiqués par des femmes sont peu rémunérateurs… Dans des conditions équivalentes, la différence reste tout de même 9,9% d’écart entre les deux sexes.

Lors de la retraite, les femmes finissent plus souvent 1 an après que les hommes, à cause du type de boulot (moins manuel). Et leur droit de retraite est plus bas que celui des hommes de 42%. « Heureusement », les pensions etc. réduisent l’écart de 26%.

Pourtant, à l’école, les filles réussissent mieux que les garçons: 31,3% des femmes de 25 à 34 ans ont au moins le bac+3; contre 26,4% d’hommes ! D’ailleurs, 75% des filles choisissent des études littéraires ou sociales, contre 25% en étude scientifique. En 2013, 49% des nouveaux cadres étaient des femmes! Mais, les femmes diplômées de Sciences Po sont payées moins que les hommes (28% de différences).

Dans les familles, 72% des mères travaillent contre 85% de papa. Parmis ces pourcentages, 33% des mères travaillent à temps partiel contre 4% des pères. A la maison aussi, les tâches ne sont pas réparties également: le ménage et les enfants occupent 4h38 dans la journée de la femme, contre 2h26 pour l’homme, qui choisit des activités « valorisantes » comme le bricologe, le jardinage, jouer avec les enfants alors que la mère fait le ménage et le cuisine. Mais divorcé n’est peut être pas la solution… la femme possède des revenus à 81% et l’homme à 97,5% après le divorce (avant divorce: 100% pour les 2)! Et, c’est le plus souvent la femme qui s’occupe des enfants après ça ! (84% de mère monoparentale; contre 24% de père monoparental).

Vidéo sur l’égalité des genres (en anglais, sorry, mais il y a les sous-titres !)

Les violences conjugales et sexuelles restent un fléau (même plusieurs centaines d’années après !) En 2015, 122 françaises se sont faites tuer par leur conjoint, contre 22 hommes. Sur 65 000 cas de violences conjugales, 60 000 victimes seront des femmes (et 5 000 hommes, du coup). Au cours d’une vie, 14,5% de femmes sont victimes d’agressions sexuelles contre « seulement » 3,9% d’hommes. Pour le viol, 62 000 victimes sont des femmes contre 2 700 d’hommes, qui représentent 4% des victimes, et juste 14% des femmes porteront plaintes (Quand est-il des hommes? Ils ne sont pas toujours pris au sérieux -encore moins que la femme.) En 2004, 53 000 femmes ont été victimes d’excision, et 60 000 en 2017 ! L’excision consiste à « couper » un bout de l’organe génitale de la jeune fille, cette pratique fait partie de plusieurs cultures et traditions religieuses (un peu comme la circonsition chez les garçons).

Les femmes représentent 26,2% de l’assemblée nationale. Et sont peu représentés au sport (2 400 femmes; 4 600 hommes), sont moins payées (3 500€ / 12 000€) et ne prennent que 15% du temps à l’antenne. Les femmes gagnent moins souvent des prix littéraires ou la palme d’or au festival de Cannes ( 1 en 69 ans…)

En gros, dans à peu près tout les domaines, les femmes ont moins et « sont » plus que les hommes… mais, ces chiffres montrent aussi, pour les violences conjugales, le viol etc. que les hommes aussi, peuvent en être victime !

Mais alors, le féminisme aujourd’hui, c’est quoi ?

Aujourd’hui, il y a comme 2 sortes de féminisme: le féminisme qui luttent pour l’égalité des sexes, ils sont contre les inégalités et les stéréotypes (pour les 2 sexes, finalement) et il y a le féminisme « extrémiste » où l’on peut retrouver des femmes qui, (ou semblent en tout cas), haïr les hommes et souhaitent les « humilier », en les faisant passer pour de « gros porcs » qui ne peuvent pas contenir leur désir etc.

Voici une petite vidéo sous-titrée d’un discours d’Emma Watson à propos du féminisme:

Vous pouvez mettre les sous-titres en français dans les paramètres de la vidéo, si besoin.

Alors? Pour ou contre? Qu’en pensez-vous ?

Personnellement, je pense qu’à la base, le féminisme est « positif »: se battre pour l’égalité homme/femme; dans les 2 sens (oui, un homme peut pleurer et une fille peut faire de la boxe !) est bien, pour faire avancer la société ! Mais sans tomber dans des clichés ou haïr le sexe opposé en le ridiculisant sur les réseaux sociaux ou directement en face, sinon ça revient au même: un sexe est « inférieur » à l’autre, du point de vu des droits et libertés ! Inégal. Evidemment, le cas n’est pas pareil suivant si l’on se trouve dans tels ou tels pays… quand on voit que les femmes saoudiennes ne peuvent obtenir leur permis que depuis 2018 et que dans certains pays, les filles (toute jeune encore, même pas majeur !) sont mariées à des vieils hommes, par leur famille… ça fait peur ! Et, je suis heureuse d’être française en voyant ça ! Sur la chaîne youtube d’AmnestyInternational il y a des pubs à propos du droit des femmes ! Et, à propos d’autres « combats » aussi, si ça vous intéressent… c’est une association qui se bat pour les droits de l’homme dans le monde.

Bref, n’hésitez pas à donner votre avis dans les commentaires ou sur les réseaux sociaux du bloc ! (Avec politesse et respect, bien sûr !)

Source: Préhistoire, Préhistoire bis, Antiquité, Moyen âge, Renaissance, Epoque de Louis XIV, Epoque victorienne, guerres mondiales, injustices , en nombre, extrémiste

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